Diocèse

Liberté chérie

 

 


Ceux qui avaient le plus de doutes sur la fabrication accélérée du vaccin piaffent devant la lenteur de la campagne de vaccination. Les mêmes qui déploraient le manque d’anticipation des provisions de masques trouvent exagérées les mesures de restriction prises face à la pandémie. C’est « compliqué » !!
Ce mot est en passe de devenir le terme le plus usité du vocabulaire français. Pas une interview du passant sur la rue, pas un débat avec de « hautes pointures » qui ne se terminent par ce constat : « C’est compliqué » ! Mais les choses le deviennent de plus en plus lorsque les directives se font obligatoires et empiètent sur « ma » liberté. Alors le grand frisson révolutionnaire traverse les consciences de droite comme de gauche. Ceux qui n’hésitaient pas à exiger une sévérité exemplaire à l’égard des casseurs de vitrines s’insurgent contre le couvre-feu. Ceux qui réclamaient des peines sévères pour  les ennemis de la laïcité  républicaine redoutent qu’une tyrannie rampante bâillonne nos opinions. « C’est compliqué » !!

Il faut le reconnaître, cette période de restrictions est vécue douloureusement par bien des catégories de concitoyens et aura de fâcheuses répercussions sur l’avenir immédiat. Mais il reste, semble-t-il,  à tout un chacun la liberté d’appeler par téléphone une vieille parente que l’on sait chagrine, d’écrire plus longuement un courriel au neveu coincé dans sa cité U, de déposer dans la boîte à lettres de la voisine une revue  que l’on a lue, de commander un repas tout préparé au restaurant fermé et mille autres gestes que l’on considérait comme  superflus mais qui prennent tant de valeur en ce temps-ci. Et la liberté de culte !! Les églises sont ouvertes, personne  n’empêche les croyants de s’y succéder par petits groupes dans une prière incessante. Ce serait peut-être une manière  d’honorer le « culte spirituel »  recommandé par St Paul (Rm 12,1).  Les deux nonagénaires qui prient ensemble le chapelet par téléphone  depuis plusieurs années n’ont demandé l’autorisation ni au curé ni au préfet !
Et puis, par dessus tout, il nous reste la liberté de critiquer le gouvernement ! Et, pour l’instant, peu de français quittent ce pays liberticide  pour aller  vivre  leur retraite, libre et heureuse, dans la Sainte Russie du Tsar Vladimir!

Jean Casanave