Si tu veux tutoyer l’avenir commence par vouvoyer le passé avec respect ! Un vieux prêtre béarnais cherche dans sa mémoire les clefs pour comprendre l’aujourd’hui et le futur…

L'UN DE VOUS

L'UN DE VOUS

PRETRE D'UNE FIN DE SIECLE

"Ce livre, écrit à l’occasion de mon jubilé (50 ans de prêtrise). J’ai voulu montrer aux générations actuelles que le chemin emprunté par le témoignage de vie des chrétiens et par la pastorale des prêtres marqués par le Concile Vatican II n’était pas une simple concession aux idées du temps mais bien la conséquence de l’Incarnation, élément essentiel de notre Foi."

L’auteur de ce récit a connu la civilisation paysanne des années 50 qui confondait son calendrier avec celui des Saints, l’époque des « trente glorieuses » qui avait pour dieu le progrès et les grandes désillusions qui ont suivi. Il côtoie aujourd’hui ces jeunes confrères et voit croître un fossé d’incompréhensions et de malentendus. Sans complaisance mais sans acrimonie, il essaie d’expliquer comment les prêtres et les fidèles laïcs de sa génération, aidés en cela par l’évènement conciliaire, ont voulu incarner dans le temps qui était le leur, l’Evangile du Christ afin de le rendre lisible et visible. Sera-t-il entendu ? Effacera-t-il les à priori trop faciles ?

Blog de Jean Casanave

 


Le mot de François

 

"Nous avons besoin de chrétiens qui rendent visible aux hommes d’aujourd’hui la miséricorde de Dieu, sa tendresse pour chaque créature. Nous savons tous que la crise de l’humanité contemporaine n’est pas superficielle, elle est profonde. C’est pourquoi la nouvelle évangélisation, alors qu’elle appelle à avoir le courage d’aller à contre-courant, de se débarrasser des idoles pour se convertir à l’unique vrai Dieu, ne peut qu’utiliser le langage de la miséricorde, fait de gestes et d’attitudes avant même que de mots. L’Église au milieu de l’humanité d’aujourd’hui dit : « Venez à Jésus, vous tous qui êtes fatigués et opprimés, et vous trouverez le repos pour vos âmes »"


Avril 2019-Les nuages s’amoncellent sur la nation française.

Notre pays ne s’aime pas. Il est atteint par une sorte de mal-être général entretenu par des poussées de fièvre « jaune » hebdomadaires et nulle annonce des responsables politiques ne parvient à l’enrayer. Chacun, comme touché par une sorte d’épidémie, ajoute à la liste interminable des revendications son problème particulier  à régler  de toute urgence. Le pays est en colère ; le pays enrage mais pour des raisons souvent opposées.
Pendant ce temps, la Méditerranée avale dans ses abîmes son lot annuel de frères humains. Ils sont souvent jeunes , ils ont pris tous les risques, ils ne demandent qu’à travailler et ils font preuve d’une volonté hors du commun de « s’en sortir » ! Sur la côte, en face, l’Europe a peur ; l’Europe préserve ses avantages acquis.
Au Sri Lanka- mais Colombo est si loin!- les fanatiques font exploser des hôtels et des églises, tuent 300 innocents lors de la fête de Pâques. L’Occident n’est plus le porte drapeau de la civilisation ; l’Occident est honni ; il est haï.

Pâques 2019.La barque de Pierre dans la tourmente .

L’Eglise des hommes n’en finit pas d’étaler ses turpitudes. Des soutes du Vatican, des greniers des évêchés, on extirpe prédateurs sexuels et chapes de silence complice. Sur tous les continents, les responsables tremblent, les chrétiens abasourdis se terrent. Le soupçon plane sur les congrégations. L’Eglise, depuis toujours accusée et condamnée par le monde, achève la besogne ; elle se détruit elle-même.
Plus sournoisement et depuis des décennies, une faille profonde s’élargit sur sa façade. Une génération sans peur et sans reproche se lève et prend ostensiblement le contre-pied de la précédente. Enfin, voici revenus les jours de la fierté et de la conquête. Certains s’en réjouissent, nombreux sont ceux qui  s’étonnent, d’autres encore s’éloignent sans bruit.
Mieux encore ! D’éminentes figures, tout en se couvrant du manteau de la tradition et de  la conformité à l’enseignement du magistère, laissent entendre que François n’est pas à la hauteur de  sa tâche et se répandent en « compléments » salutaires de la pensée papale. Le fidèle paroissien s’inquiète, se cramponne et craint.
Notre-Dame de France flambe. La flèche qui dirigeait les yeux du passant vers le ciel est tombée. Le regard fixe désormais un trou béant et un amas de poutres calcinées. La Croix, étrangement, reflète une lumière dorée, l’autel endommagé est préservé, la mère et l’enfant n’ont pas bougé. La croix, l’autel et la mère peuvent engendrer une Eglise nouvelle, même s’il lui suffit d’une petite chapelle pour s’abriter. Notre-Dame sera rebâtie sur ses deux tours ; l’Eglise, sur l’autel, et la croix éclairée par le feu de la Parole et de l’Esprit Vivant. Faut-il reconstruire à l’identique ? Les avis divergent.

  (suite)

Jean Casanave