Si tu veux tutoyer l’avenir commence par vouvoyer le passé avec respect ! Un vieux prêtre béarnais cherche dans sa mémoire les clefs pour comprendre l’aujourd’hui et le futur…

L'UN DE VOUS

L'UN DE VOUS

PRETRE D'UNE FIN DE SIECLE

"Ce livre, écrit à l’occasion de mon jubilé (50 ans de prêtrise). J’ai voulu montrer aux générations actuelles que le chemin emprunté par le témoignage de vie des chrétiens et par la pastorale des prêtres marqués par le Concile Vatican II n’était pas une simple concession aux idées du temps mais bien la conséquence de l’Incarnation, élément essentiel de notre Foi."

L’auteur de ce récit a connu la civilisation paysanne des années 50 qui confondait son calendrier avec celui des Saints, l’époque des « trente glorieuses » qui avait pour dieu le progrès et les grandes désillusions qui ont suivi. Il côtoie aujourd’hui ces jeunes confrères et voit croître un fossé d’incompréhensions et de malentendus. Sans complaisance mais sans acrimonie, il essaie d’expliquer comment les prêtres et les fidèles laïcs de sa génération, aidés en cela par l’évènement conciliaire, ont voulu incarner dans le temps qui était le leur, l’Evangile du Christ afin de le rendre lisible et visible. Sera-t-il entendu ? Effacera-t-il les à priori trop faciles ?

Blog de Jean Casanave

 


Le mot de François

 

"Nous avons besoin de chrétiens qui rendent visible aux hommes d’aujourd’hui la miséricorde de Dieu, sa tendresse pour chaque créature. Nous savons tous que la crise de l’humanité contemporaine n’est pas superficielle, elle est profonde. C’est pourquoi la nouvelle évangélisation, alors qu’elle appelle à avoir le courage d’aller à contre-courant, de se débarrasser des idoles pour se convertir à l’unique vrai Dieu, ne peut qu’utiliser le langage de la miséricorde, fait de gestes et d’attitudes avant même que de mots. L’Église au milieu de l’humanité d’aujourd’hui dit : « Venez à Jésus, vous tous qui êtes fatigués et opprimés, et vous trouverez le repos pour vos âmes »"


Reste chez toi, Jésus,

 

 


car si tu venais en avion, en train ou en autobus, tu ne trouverais qu’une marée humaine compacte et maussade qui allonge le pas, se bouscule, s’invective, sur des quais surchargés et des couloirs surpeuplés. Ces troupeaux de bipèdes, tes frères, regardent droit devant, le dos qui les précède. Eux, ne te verraient pas.

Si tu entrais dans les cortèges de ceux qui défilent dans les rues des grandes villes ou de la capitale, ils ne t’entendraient pas. Ils sont là pour crier et pas pour écouter.
Alors, emprunte plutôt l’âne de ton père Joseph qui a l’œil doux et humide. Il te mènera vers les immeubles au garde-à-vous, les villages éparpillés, les maisons aux volets clos. Là, tu pourras t’asseoir et converser avec le vieillard chagrin, le malade amaigri, la maman abandonnée, le célibataire durci, l’étranger méprisé.

Étonné, tu en rencontreras certains qui couraient sur  les quais de gare ou qui suffoquaient dans le métro. En fait, ils se dépêchaient de partir pour donner de leur temps et de leur joie à leurs grands-parents et à leurs parents qu’ils sollicitent bien souvent, à une tante affaiblie, à l’ami esseulé. Tu les verras tout sourire et attentionnés ; ils auront oublié leur galère ; ils auront joie à soulager la tristesse .


Et les autres ? Ils seront au ski ou dans les magasins, ils feront la queue et maudiront la météo. Et encore la galère… mais celle-ci, consentie et organisée et donc acceptée !

 

Jean Casanave